L’été est courte.

Je me remémores les étés que je passait chez ma mère à Stanstead en faite chez moi, mon premier chez moi vers la fin des années 70s; il me semble que l’été était longue. L’été ne finissait plus de durer. Si long, qu’on se souvenait même plus qu’un moment donné ça l’arrêterait, qu’un moment donné, Moman nous aurait donné un ”speech” du genre : ”Profitez-en là ça dura pas” non! de toute façon Moman on l’écoutait pas, on était bin trop occupé à faire des campe pis à démolir la clôture du voisin, à jouer dans le garage avec des tire-pois pis à jouer aux bandit pis au voleur, à aller à la vallée tripper comme des fous à faire des barrages à la rivière, pis se baigner dedans, dedans la Tomifobia. On était bin trop occupé pour compter le temps. Bin trop occupé pour aller à la messe…Bin trop occupé à faire un messe dans le garage..Ma mère nous a vraiment transmis un français complètement borderline. Figurez-vous que faire un messe voulait dire faire un dégas…imaginer ma confusion quand venait le temps d’aller à la messe…vraiment je n’y comprenais rien, pourtant c’était toujours bien rangé à l’église, il y avait toujours les petits livres de chant bien placé à l’intérieur des bancs…il n’y avait pas de dégas là…Alors c’est quand on faisait un dégas qu’il fallait ne pas faire comme à l’église? Il me semble que tout celà était contradictoire.
Ma mère allait à la grosse village et la petite village. La grosse village c’était l’épicerie genre provigo à Rock-Island et la petite village c’était le dépanneur du coin, pas chez madame Goodsell non au moins chez Dubé c’était plus grand, chez Paul 1977Goodsell y avait pas grand chose pour moman, mais pour nous autre c’était le paradis; les mojos, les kiss, les bonbons en sucres chimique super bon mais déguelasse, des popcycle mmmm.Mme Goodsell portait bien son nom car ça coutait rien 5-6 mojo pour presque rien ça coutait vraiment pas grand chose alors nous autre on rammassait des bouteilles et pis on se faisait un snac du tonnerreà la fin de la journée! Elle avait l’air de s’enmerder Mme Goodsell et pis un jour on m’avait dit qu’elle avait eu le cancer du sein. Et puis après je l’ai vu elle lui manquait un sein je me souviens qu’avec mon regard d’enfant je l’ai fixé longtemps son pas de sein, pauvre Mme Goodsell après elle est morte et le Magasin Goodsell n’existait plus c’était plate.
Pis y avait Monsieur Hank qui prenait pour Boston il était assez typique je vais toujours me rapeler de lui il avait une énorme bosse dans le haut du dos exactement comme Igor dans Frankenstein ou le le bossu de Notre-Dame! capoté! Il était un bon chum à mon père et il était bien gentil. Un jour Monsieur Hank nous avait donné de l’argent pour aller s’acheter un cornet de crème glacé, je pense qu’il y avait moi, Marcel et Lucie et en revenant je l’avait échapper par terre, malheur, il m’avait redonner les sous pour y retourné il était vraiment cool. Il était là quand Neil Armstrong a mis le pied sur la lune je me souviens.

Mais l’été avait pas le temps d’être courte il y avait Monsieur Hank, la vallée, nos bicycles, les campes, fallait pas faire de messe quand Moman allait à la grosse village, on faisait des barrages à rivière…tsé c’était super LONG incommensurablement sans fin. Aujourd’hui ça passe vite…pourquoi donc? On courrait sur le toit du garage comme des débiles on se pendait après une pinne en métal où il y avait un fil électrique à l’intérieur.On se masacrait, on massacrait les thons on les torturait en les mettant dans l’eau pis après on les faisait sécher au soleil et pis avec une loupe on les brulait…iarQUE!!!La vie était mise à nue devant nous et se gênait pas pour l’exploiter, alors le temps pouvait aller se rhabiller! Aujourd’hui je l’ai perdu ce temps là yé où donc? Toute le quartier venait chez nous pour jouer à la cachette, ça c’était génial à la noirceur, misère qu’on avait du fun ça s’explique pas! Quand l’adolescence est arrivé c’était différent, l’enfance fut vraiment la king des périodes de ma vie! On avait toute notre temps pour avoir du fun!